La citation du lundi

Publié le par Chez libouli

...Beaucoup croyaient à la vie facile et c'en était indécent car il en restait de très petits au RMI et des pas beaucoup plus gros juste au-dessus. Dégoûtés, ils ne votaient plus ou seulement pour les extrêmes et voyaient absurdement des bronzés partout venir manger jusqu'à leur propre misère. Dérisoire ! Et même pas de soleil sur tout ça, sauf dans le Sud où c'est pire encore.  Faut être au soleil mais pas bronzés surtout ni turcs, ni ritals ni portos ni Maghreb, rien que de vrais Français avec des noms parfois, à faire peur aux grands-parents arméniens, espagnols, juifs, italiens et j'en passe. La France quoi, en somme ! Avec ses petites misères et ses conneries. Un coq qu'aurait gonflé, même plus rouge, violet jusqu'à en exploser presque. Une suffisance rentrée toujours prête à jaillir. Les mots qui font mal sur le bord des lèvres et puis les urnes comme un grand défouloir.

A ne plus être fier de son Nord natal, du père qui a trimé sous la terre sa vie durant, à l'ombre des terrils et qui, pour borné qu'il fût, ne refusait jamais un bout de pain dur, une assiette et un verre de vin à l'étranger de passage. C'était peu dire que le Nord de l'enfance fuyait, un autre apparaissait bourré de préjugés qui osaient mainentant s'exprimer et moi je ne supportais pas."

 

Le traducteur perd le nord de Jean Paul Fosset

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